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Back to Le problème d'Arthur Andersen d'Enron : Quand les auditeurs facilitent la fraude
FacilitateurArthur Andersen LLPUnited States

Arthur Andersen

1885 - 1947

Arthur E. Andersen, le fondateur dont le nom est devenu synonyme de l'un des échecs d'audit les plus infâmes de l'histoire des entreprises, est mort bien avant l'effondrement d'Enron, mais la culture qu'il a créée a survécu. Né en 1885 en Californie, fils d'immigrants danois, il a construit une carrière autour d'un principe professionnel simple : le devoir de l'expert-comptable était envers la vérité des chiffres, et non envers les souhaits du client. Cet idéal avait de l'importance car la société qu'il a fondée en 1913 est devenue l'un des principaux piliers du capitalisme financier américain.

La tragédie du nom Andersen est qu'il est devenu un emblème de ce que le fondateur avait cherché à résister : la corrosion de l'indépendance par le succès commercial. La firme est devenue un géant au cours du vingtième siècle, et à mesure qu'elle grandissait, elle a accumulé les pressions qui affligent chaque grande société de partenariat professionnel. Les clients sont devenus des flux de revenus. Le prestige est devenu un levier. Un avis d'audit propre est devenu un produit pouvant être vendu dans le cadre d'une relation plus large. L'héritage du fondateur était donc à la fois noble et vulnérable ; il dépendait d'une discipline que les générations suivantes ont eu du mal à préserver.

Arthur Andersen lui-même était connu à son époque pour son sérieux et ses normes exigeantes. Cette réputation a donné à la firme une autorité morale pendant des décennies. Mais une éthique fondatrice ne peut survivre que si les dirigeants ultérieurs la considèrent comme une contrainte plutôt que comme un slogan. Au moment où Enron a atteint son apogée, le nom de la firme était devenu un insigne d'autorité sur des états financiers qui étaient bien plus fragiles qu'ils n'en avaient l'air.

Dans l'histoire d'Enron, le nom d'Andersen portait une amère ironie : la firme qui incarnait autrefois la promesse de l'indépendance des auditeurs est devenue l'institution qui n'a pas pu s'empêcher, et a ensuite été impliquée dans la destruction de preuves pertinentes à une enquête fédérale. Le fondateur n'a pas causé ce résultat. Mais la firme qui portait son nom était devenue si imbriquée dans la logique du service client que l'ancienne architecture morale avait été vidée de son sens.

Son héritage n'est donc pas seulement une biographie mais un avertissement sur la dérive institutionnelle. Une firme peut conserver le langage de l'intégrité longtemps après que les incitations qui la sous-tendent aient changé. Arthur Andersen l'homme a construit une institution censée se démarquer. Arthur Andersen l'institution, sous les générations suivantes, est devenue l'exemple utilisé dans les écoles de commerce et les tribunaux lorsque l'indépendance a échoué.

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