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Back to Le Pillage Souverain du Zimbabwe : Quand une Banque Centrale Facilite la Fraude
FacilitateurReserve Bank of ZimbabweZimbabwe

Gideon Gono

1959 - Present

Gideon Gono occupe une place particulière dans l'histoire politico-financière du Zimbabwe : technocrate, loyaliste, gestionnaire de crise, et, aux yeux des critiques, le visage d'une banque centrale transformée en instrument de pouvoir. Son identité publique était celle d'un professionnel monétaire travailleur, appelé à sauver une économie en pleine déroute. Son rôle plus profond, comme le documentent les critiques de politiques, le journalisme et, plus tard, les histoires économiques, était de présider à un système dans lequel les pouvoirs de la Banque de réserve s'étaient étendus bien au-delà de la banque centrale orthodoxe.

Ce qui rend Gono important, ce n'est pas seulement ce qu'il a fait, mais ce que sa nomination représentait. Il est arrivé au pouvoir en 2003 alors que le pays entrait dans une période d'inflation accélérée, de pénurie de devises étrangères et d'isolement politique. Dans un système plus sain, un gouverneur de banque centrale serait mesuré par sa retenue. Au Zimbabwe, la retenue était politiquement incommode. Gono est devenu associé à des interventions quasi-fiscales, à un financement d'urgence et à un style de gouvernance qui considérait l'argent comme un instrument de survie immédiate de l'État. Cela l'a rendu indispensable au régime et profondément controversé à l'extérieur.

Psychologiquement, Gono semble avoir adopté l'état d'esprit de l'insider indispensable. Les hommes dans ce rôle se disent souvent que les règles ne s'appliquent pas parce que le pays est déjà en crise. Cette mentalité peut glisser du pragmatisme à l'auto-excuse : si l'on sauve l'État, alors toute distorsion peut être défendue comme une nécessité temporaire. Le problème est que les régimes d'urgence ont tendance à devenir permanents. Ce qui commence comme une stabilisation se transforme en dépendance, et la dépendance en couverture pour les abus.

Son héritage est indissociable de l'effondrement de la confiance dans la monnaie zimbabwéenne. Que l'on mette l'accent sur l'incompétence, l'obéissance politique ou la complicité active, le résultat était le même : une banque centrale qui a cessé de fonctionner comme un gardien de la valeur et est devenue un distributeur de rareté médiée politiquement. L'influence de Gono a perduré parce qu'il comprenait l'architecture du pouvoir à l'époque de Mugabe. La banque centrale n'était pas séparée de l'État ; elle était l'un des outils les plus utiles de l'État.

Pour cette raison, Gono reste un symbole moins de la cupidité d'un homme que d'un abandon institutionnel plus large. Il représente le moment où l'autorité technique a été subordonnée à la survie politique, et où l'imprimerie est devenue un moyen de contrôle. Son destin est un rappel que dans les fraudes souveraines, l'opérateur le plus dangereux n'est souvent pas celui qui vole en secret, mais celui qui fait en sorte que le vol ressemble à une politique.

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