Philippe II, Duke of Orléans
1674 - 1723
Philippe II, duc d'Orléans, a régné sur la France en tant que régent durant la minorité de Louis XV, et son rôle dans l'affaire du Mississippi n'était pas périphérique. Il était la porte d'entrée politique par laquelle John Law est entré dans la machine d'État. Le régent avait besoin de soulagement face au fardeau de la dette de la France, et Law offrait un remède élégant mais dangereux. Ce besoin rendait Philippe vulnérable à une solution promettant à la fois une réparation fiscale et une modernité administrative.
La psychologie du régent semble avoir combiné pragmatisme, appétit pour la réforme et volonté de parier sur des institutions capables de restaurer la capacité de l'État. Il n'était pas aveugle au désordre de l'ancien système. Les finances de la France étaient en mauvais état, et la cour avait besoin d'argent pour fonctionner. L'architecture basée sur le papier de Law semblait être un moyen de respirer sans immédiatement entamer le corps de la monarchie. Cette tentation est compréhensible. C'est aussi exactement ainsi que les systèmes politiques rationalisent des raccourcis risqués.
Le pouvoir de Philippe importait car il conférait légitimité. Dans une monarchie, l'approbation n'est pas un acte administratif mineur ; c'est un signal pour l'ensemble du marché. En élevant Law et en permettant aux structures bancaires et aux sociétés d'acquérir le soutien royal, il a transformé une proposition privée en une expérience soutenue par l'État. Cette décision a changé la portée du risque, passant de la réputation d'un financier à la confiance d'un royaume entier.
Il était également contraint par les circonstances de la régence. Il ne régnait pas avec l'autorité établie d'un roi régnant depuis longtemps, et cette insécurité le rendait probablement plus réceptif à des solutions dramatiques. L'État français avait besoin de réparations visibles, et le système de Law offrait un mouvement visible. Pourtant, le coût de ce mouvement ne devint clair qu'après que le marché était déjà englué. Une fois la bulle éclatée, le gouvernement du régent fut laissé pour absorber le blâme tandis que Law s'enfuyait.
Philippe est mort en 1723, juste au moment où les répercussions politiques de l'effondrement étaient en train d'être absorbées. Il reste un rappel que les désastres financiers sont souvent coécrits par des dirigeants qui croient sauver l'État d'un sort pire.
